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La Cène à Emmaüs
L'Incrédulité de Saint Thomas

 

Galerie Antonine (église Saint-Antoine)

Visite libre et gratuite, tous les jours de 10h à 18h45.

 

Les “Caravage de Philippe de Bethune” et leur retour en l’église Saint-Antoine.

La Galerie Antonine jouxtant la nef de l’église Saint-Antoine s’offre comme nouveau lieu de présentation de deux des quatre peintures achetées par Philippe de Béthune, Cardinal et Ambassadeur de France, à Caravage, célèbre peintre italien, et que dans un fameux inventaire dressé en 1608, il considère comme « originaux ».
Le prix payé alors le laisse penser. « L’Incrédulité de Saint Thomas » et la « Cène à Emmaüs » achetés à Rome entre 1601 et 1605, passés par Paris, Selles-sur-Cher, la Chartreuse du Liget, Loches, avant d’être accrochés sur les murs de la toute nouvelle paroisse Saint-Antoine ouverte au culte dès 1813, sont de retour en ce lieu de culte nouvellement restauré après avoir été étudiés, restaurés, classés Monuments Historiques le 22 septembre 2002 par l’Etat.
Pour eux, la Galerie Antonine a été imaginée, afin que le public puisse désormais venir les admirer en ce lieu qui leur est propre.
Protégés par un vitrage blindé, ces deux chefs-d’oeuvre de la peinture seront entourés de certaines oeuvres d’art religieuses de grande qualité, qui font partie de l’histoire de Loches, que ce soit la « Vierge des Bouchers », contemporaine d’Agnès Sorel et Charles VII, la « Vierge au Coeur » qui vit passer Porte Picois la reine Anne de Bretagne, Charles VIII, Louis XII, Mary Stuart et François Ier, ou encore une délicate Sainte Barbe sculptée dans la pierre sous la Renaissance.
On pourra aussi y admirer entre autres le coq de l’église Saint-Antoine, ancien coq du XVIIème siècle fabriqué pour surmonter, dès cette époque, le clocheton de la chapelle Saint Charles Borromée, chapelle de l’hôpital nouvellement créée.
D’autres objets seront aussi présentés afin de restituer aux lochois et touristes ces oeuvres d’art, soustraites à ce jour au regard du public.
La Galerie Antonine devient ainsi l’année du 400ème anniversaire de la mort de Caravage, un nouveau lieu dédié à l’Art et plus particulièrement à une extraordinaire histoire entre l’un des plus fameux mécènes du XVIIème siècle : Philippe de Béthune, et Caravage lui-même.
Il est des moments étonnants où l’Histoire et l’Art se confrontent pour offrir au public ces instants de bonheur qu’immanquablement provoquent toutes rencontres entre le public et une oeuvre d’art.
A chacun aujourd’hui de s’en nourrir et d’en être les meilleurs ambassadeurs.

Pascal DUBRISAY
Maire-Adjoint chargé du patrimoine historique et environnemental

 

A PROPOS DES CARAVAGE DE LOCHES...

Des experts certainement très compétents ont émis des doutes sur la nature des tableaux découverts à Loches et qui pourraient être attribués au Caravage.
A l'exception d'Arnaud Bréjon de la Vergnée, aucun de ceux qui se sont exprimés lorsqu'ils ont été interrogés par des journalistes ne les a vus réellement. Et aucun n'a contredit les arguments qui ont justifié notre appréciation. Nous ne pouvons donc nous satisfaire de ces avis et gardons pleinement nos convictions.
Certes, nous ne sommes pas des experts de la peinture italienne ni du Caravage. Mais nous avons l'histoire et l'expertise technique de ces tableaux qui sont des éléments rationnels sur lesquels nous fondons notre appréciation.
Nous pouvons démontrer qu'il s'agit indiscutablement des tableaux achetés par Philippe de Béthune entre 1601 et 1605 au Caravage et inscrits sur son inventaire signé de sa main en 1608 en précisant qu'il s'agit d'originaux. Nous avons photographié cet inventaire gardé au Minutier de notaires aux Archives Nationales.
Nous pouvons démontrer, grâce aux travaux de restaurateurs et d'un laboratoire spécialisé agréés par le Louvre qu'il s'agit bien de tableaux peints au début du XVII ème siècle, a vec des matériaux et pigments de l'époque et les techniques habituelles du Caravage. Et qu'ils comportent des "repentirs" qui ne sont en général pas présents sur des copies de tableaux.
On sait enfin que ce peintre réalisait des versions différentes de certaines de ses oeuvres, à l'exemple du"Joueur de luth". Ceci expliquerait les différences constatées sur nos tableaux : tête du Christ pour le Repas d'Emmaüs, et col bleu pour l'Incrédulité de Saint-Thomas. S'il s'agissait de copies scolaires ou sans intérêt pourquoi ces deux différences?
Face à ces arguments, il ne nous est opposé qu'un "ressenti" d'experts sans aucuns commentaires sur notre argumentation.
S'il s'agissait vraiment de mauvaises copies, ou même de très bonnes comme le dit Mr Bréjon de la Vergnée, le seul expert reconnu à les avoir vus et à avoir parlé avec les restaurateurs et les conservateurs locaux, pourquoi Philippe de Béthune aurait-il précisé spécialement qu'il s'agissait d'originaux, lui qui connaissait bien Le Caravage qu'il avait même fait personnellement sortir de prison ?
La seule explication possible serait donc qu'il s'agisse de versions différentes du même thème que celui des tableaux de Londres et de Postdam, ou l'inverse ! Et qu'elles pourraient avoir été réalisées, pas entièrement par Caravage mais pour partie seulement, le reste l'ayant été par des aides ou des élèves. Mais alors leur valeur resterait entière.
Quant au jugement de Mina Grégori sur les couleurs "trop vives" et les "visages anguleux" de nos tableaux, on peut noter que les couleurs vues sur une photo dépendent essentiellement de l'éclairage lors de la prise de vues, et que sur le tableau de la Cène à Emmaüs, le visage du Christ est effectivement plus anguleux et barbu que sur celui de Londres, mais que ce visage se retrouve tel quel sur une autre version de ce thème attribuée au Caravage et exposée en Italie ! Il serait évidemment mieux qu'elle vienne voir ces tableaux avant de confirmer ou non un jugement respectable mais peut-être hâtif !
Le Caravage n'ayant signé qu'un seul de ses tableaux, on ne peut, certes, prétendre être sûr à 100% de l'attribution d'une oeuvre à ce peintre. Mais la concordance de l'histoire et de l'expertise technique de ces tableaux, et ce que l'on sait de l'époque où mécènes et artistes se retrouvaient autour de cette nouvelle approche dite Caravagesque de la peinture italienne, nous confirment qu'il y a plus de probabilités pour que les tableaux de Philippe de Béthune retrouvés à Loches soient de vrais Caravage que le contraire.
Il aura fallu deux ans pour qu'un tableau de ce peintre, retrouvé en 2002 à Dublin, et non reconnu par les experts de l'époque, lui soit finalement attribué.

Téléchargez le dossier de presse de la Galerie Antonine et "Les Caravage de Philippe de Béthune..."

 
 
 
 
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